Mettre (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
( je mets, tu mets, il met, nous mettons ; je mettais ; je mis ; je mettrai ; je mettrais ; mets, mettons ; que je mette ; que je misse ; mettant ; mis ). X e siècle. Issu du latin mittere, « envoyer, jeter, lancer » et « laisser aller, faire aller », puis, en bas latin, « placer, disposer en un endroit déterminé ». Mettre s'emploie pour évoquer de la manière la plus générale, et au moyen des compléments et des adverbes qui l'accompagnent, un changement de lieu, de situation ou d'état. Dans de nombreux cas, d'autres verbes, tels que placer, disposer, déposer, installer, ranger, etc., peuvent caractériser cette action avec plus de précision. Mettre s'emploie, tant au propre qu'au figuré, dans un très grand nombre de locutions et d'expressions dont les diverses acceptions figurent aux entrées correspondantes.
I. Faire passer d'un lieu à un autre.
1. Placer en un lieu déterminé. Mettre son cheval dans l'écurie, ou à l'écurie, un oiseau dans une cage, ou en cage. Mettre un enfant dans son lit, au lit. On les avait mis à côté l'un de l'autre. Mettre un mort en terre. Pron. Se
2. Disposer sur un objet ou sur un être vivant, de manière adéquate, une chose qui a une fonction déterminée. Mettre une corde à un violon. Mettre une pièce à un habit déchiré. Mettre la baïonnette au canon. Mettre une bride, une selle à un cheval. Mettre du sel, des épices dans un plat, les y ajouter. S'emploie particulièrement à propos des pièces d'habillement dont on revêt quelqu'un ou dont on se vêt. Mettre son manteau à un enfant. Mettre sa chemise, ses souliers, ses gants. (On dit de même : Mettre ses lunettes. Mettre du parfum. ) Il ne met pas, il ne met jamais de chapeau. Expr. N'avoir rien à se
II. Faire passer d'une position, d'une situation à une autre, d'un état à un autre.
1. En plaçant dans une position déterminée, en disposant selon un certain ordre, selon un certain arrangement. Mettre d'aplomb, à l'endroit, à l'envers. Mettre les bras en croix, les mains en l'air. Mettez ces livres ensemble. Mettre un drapeau en berne. Mettre un satellite sur orbite. Mettre une pièce d'artillerie en batterie. Mettre sa montre à l'heure. Expr. Il ne peut plus
2. En modifiant l'état, la situation d'une personne ou d'une chose. Mettre en morceaux, en pièces, en miettes. Mettre du linge en charpie. Mettre des marchandises en tas, en vrac. Mettre de la laine en écheveau. Mettre du blé en gerbes. Mettre une chambre en ordre. Spécialt. En parlant d'un mets que l'on accommode d'une certaine façon. Mettre un poulet en fricassée, un lièvre en civet. On dit de même Mettre de l'ordre dans une chambre,
3. Dans certaines expressions ou constructions, pour marquer le début d'un processus, le commencement d'une action. Mettre une machine en service. Mettre en mouvement. Mettre un barrage en eau. Mettre une terre en culture. Mettre une parcelle en blé, en seigle, y entreprendre la culture de ces céréales. Mettre en vigueur, en pratique. Mettre en marche la radio ou, ellipt. et fam.,
III. Appliquer à un certain usage, faire servir à une certaine fin ; employer, consacrer. En parlant d'une somme d'argent. Il a mis plusieurs millions dans l'achat de cette propriété. Mettre des fonds dans une affaire. Il a mis une partie de sa fortune en titres. Ellipt. Mettre au jeu, déposer son enjeu. Expr. fam. Y
IV. Emplois particuliers.
1. Pron. Se
3. Loc. prép. (au participe passé). Mis à part ou, ellipt., À part, suivi d'un substantif, sans tenir compte de, abstraction faite de (reste invariable devant le nom). Mis à part quelques erreurs de détail, cette traduction est correcte. Toute plaisanterie mise à part... Cette question mise à part, l'affaire pourrait être réglée au plus tôt.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
("Je mets; nous mettons. Je mis. Je mettrai. Mets. Que je misse. Mettant. Mis.") Placer une personne, ou un animal, ou une chose dans un lieu déterminé. "Mettre un malade dans une baignoire. Mettre un mort en terre. Mettre un cheval dans l'écurie, à l'écurie; un oiseau dans une cage, en cage. Mettre du foin dans le grenier, au grenier. Mettre du bois dans la cheminée. Il faut
"Mettre le pied dans une maison," Y entrer. "Je n'ai jamais mis le pied dans cette maison."
METTRE signifie aussi Placer, dans un certain rapport de position, un être animé avec un autre, ou une chose avec une autre, ou un être animé avec une chose. "On m'a mis à côté de lui à table. Se
"Il ne peut
Fig., "Mettre un homme dans l'embarras, dans son tort. Mettre son bonheur, sa gloire dans la vertu. Mettre son espérance dans les bontés de quelqu'un. Mettre en quelqu'un ses affections, ses complaisances. Mettre un homme au-dessus, au-dessous, à côté d'un autre. Mettre quelqu'un au nombre, au rang de ses amis. Mettre quelqu'un à la tête d'une affaire. Mettre des obstacles, des bornes à quelque chose. Mettre le comble à ses bienfaits, à son ingratitude, etc."
Il s'emploie aussi, dans les mêmes significations, en un grand nombre de phrases figurées et proverbiales. "Mettre à la porte. Mettre la main à l'oeuvre, à la pâte. Mettre la main sur la conscience. J'en mettrais ma main au feu. Vous avez mis le doigt sur la plaie, sur le mal. Mettre à quelqu'un le poignard sur la gorge. Mettre les fers au feu. Mettre le feu aux poudres. Mettre le nez dans les affaires, dans les livres. Mettre une question sur le tapis. Mettre quelqu'un dans de beaux draps. Mettre quelqu'un au tombeau. Cette nouvelle l'a mis aux champs. Mettre quelqu'un hors de combat, hors des gonds. Mettre quelque chose sur le compte, sur le dos de quelqu'un. Mettre la charrue avant les boeufs. Mettre quelqu'un sur la voie. Mettre un homme sur les dents. Mettre une armée sur pied. Mettre quelqu'un au pied du mur. Mettre le marché à la main à quelqu'un." Fig. et pop., "Mettre quelqu'un dedans," Le tromper.
METTRE, en parlant des Personnes, signifie souvent Envoyer, conduire en un lieu, y faire entrer, y établir. "Mettre un enfant dans un collège, au collège; dans une pension, en pension; dans une école, à l'école. Il a mis son fils chez un notaire, chez un avoué."
Par extension, "Mettre quelqu'un dans les affaires, dans le commerce, dans l'industrie. Mettre un enfant en nourrice, en apprentissage."
Fig., "Mettre un prince sur le trône," L'y établir. "Mettre quelqu'un dans un poste," Lui conférer un emploi. "Mettre au monde un enfant," Lui donner naissance.
Fig., "Ne savoir où se
"Se
"Se
"Se
"Se
METTRE se dit aussi en parlant de Certaines peines qu'on inflige, qu'on fait subir. "Mettre un homme en prison, au cachot, aux arrêts, à l'amende. Mettre un enfant en pénitence."
"Mettre un prince, une ville au ban de l'Empire" signifiait autrefois Déclarer qu'ils ont encouru la déchéance et autres peines prononcées par les lois de l'Empire. Voyez
Fig., "Mettre quelqu'un au ban de l'opinion, de l'Europe, de l'Humanité," Le dénoncer au mépris public dans son pays, dans l'Europe, dans le monde entier.
METTRE, en parlant des Personnes, s'emploie aussi dans le sens de Réduire ou en un sens voisin. "Mettre un homme à la mendicité,"
Il s'emploie quelquefois, dans le même sens, en parlant des Choses. "Mettre une fontaine à sec."
METTRE, en parlant de Ce qui sert à l'habillement, à la parure, signifie Le revêtir, le
SE METTRE signifie absolument S'habiller. "Cet homme se met d'une façon négligée. Il ne sait pas se
"Bien mis, mal mis," Bien vêtu, mal vêtu.
Il signifie quelquefois Porter habituellement sur soi. "Il ne met pas de manchettes."
"Mettre sur soi tout ce qu'on gagne," Le dépenser en parures.
METTRE, en parlant des Choses qui se mangent, signifie Les accommoder, les apprêter d'une certaine façon. "Mettre une carpe à l'étuvée, au bleu, en matelote; un poulet en fricassée; un lièvre en pâté; des épinards au jus; des oeufs à la poulette; des fruits en compote."
METTRE, en parlant de l'Argent qu'on possède, signifie Le placer, l'employer d'une certaine manière. "Mettre son argent, ses fonds dans une entreprise industrielle. Mettre son argent en rentes, en viager, à fonds perdu. Il a mis une partie de son argent en chevaux, en bijoux. Il a mis beaucoup d'argent au jeu."
Absolument, "Mettre au jeu," Déposer son enjeu. "Mettre à la loterie," Prendre un billet de loterie.
"Mettre du sien," Faire quelque sacrifice d'argent. "Il voudrait entrer dans cette affaire sans y
Fig., "Mettre du sien," Faire quelque concession. "Si l'on veut s'entendre, il faut que chacun y mette du sien." Pour d'autres sens figurés de cette expression, voyez SIEN.
METTRE, en parlant des Terres, signifie Les ensemencer, les planter, les employer d'une certaine manière. "Mettre une terre en blé, en orge, en seigle, en avoine. Il a mis son terrain en vigne, en bois."
METTRE se dit en parlant de Ce qu'on écrit sur le papier, dans un livre. "Il a mis cette remarque en marge. Il a mis son nom au bas de la lettre. Il fut mis sur la liste. Il mit ses raisons par écrit. Mettre en italiques."
METTRE se dit encore, au sens physique et au sens moral, en parlant des Personnes et des choses qu'on fait passer d'un état à un autre et, dans cette acception, le complément est souvent précédé de la préposition "en. Mettre une chose en morceaux, en pièces, en poudre, en poussière, en cendre. Mettre une vigne en espalier. Mettre une armée en bataille, en ligne. Mettre une pensée en vers. Mettre du latin en français. Mettre des paroles en musique."
METTRE signifie quelquefois Ajouter à quelque chose une partie qui y manque. "Mettre un manche à un balai, un pied à une table, une corde à un violon, un bouton à un habit, une roue à une voiture, un fer à un cheval."
"Mettre du temps," Employer un certain temps. "J'ai réussi, mais j'y ai mis le temps. Virgile mit douze ans à composer son Énéide."
METTRE, en parlant de Qualités et de dispositions morales, signifie Les employer, les manifester dans ses actions, dans ses discours, dans ses ouvrages. "Mettre de la bonne foi, de l'adresse, de la réserve, de la modération, du mystère, de la discrétion dans sa conduite. Mettre de la passion, de la haine, du ressentiment, de la colère, de l'injustice dans une action. Mettre de la douceur, de la sévérité, de l'aigreur, de la dureté dans ses discours, dans ses réprimandes." "Mettre de la chaleur, de la vivacité dans ses paroles. Mettre de l'esprit, du jugement, du goût, de l'imagination, de l'art, du sentiment dans ses écrits. Mettre de l'âme, de l'expression dans son chant, de l'accent dans son langage."
METTRE, dans quelques phrases, a pour complément direct un substantif non précédé de l'article. "Mettre fin à une affaire, à un ouvrage. Mettre ordre à ses affaires. J'y mettrai bon ordre. Mettre obstacle,
METTRE, suivi des prépositions "en" ou "à," s'emploie, tant au propre qu'au figuré, en parlant des Personnes ou des choses, dans un nombre considérable de locutions, où il a un sens plus ou moins rapproché, plus ou moins éloigné de sa signification primitive. Nous allons en citer un certain nombre d'exemples.
METTRE, avec "en. Mettre quelqu'un en colère, en fureur, en peine, en gaieté, en joie, en bonne" ou "en mauvaise humeur. Mettre quelqu'un" ou "quelque chose en danger, en péril. Cette action l'a mis en faveur, en crédit, en honneur, en réputation, en vogue. Mettre sa conscience en repos. Mettre ses affaires en ordre. Mettre quelqu'un en avant, en frais, en dépense. Mettre une armée en campagne, en déroute, en fuite, en désordre, en désarroi. Mettre une terre en valeur, une maison en vente. Mettre une parole en oubli. Mettre une chose en oeuvre, en ligne de compte, en état, en évidence, en sûreté, en question, en doute, en délibération, en fait. Mettre un homme en cause, en jugement. Mettre quelqu'un ou quelque chose en mouvement, en train, en repos. Mettre de l'argent en dépôt, des effets en gage. Mettre en état de siège. Mettre quelque chose en tête à quelqu'un."
METTRE, avec "à. Mettre une affaire à jour. Mettre une ville à contribution. Mettre une chose à profit, à exécution. Mettre à bout. Mettre quelqu'un à même de... à portée de... Mettre quelqu'un à couvert. Mettre à prix la tête de quelqu'un. Mettre une chose à haut prix, à bas prix. Mettre un homme à terre, un homme à mort, etc."
METTRE, avec "à," suivi de l'article. "Mettre un homme à la raison, à l'épreuve. Mettre une ville au pillage. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Mettre un écrit au net. Mettre les choses au pis. Mettre quelqu'un au fait. Mettre deux personnes aux mains, aux prises. Mettre quelqu'un" ou "quelque chose à l'abri, à l'écart. Mettre quelqu'un au régime. Mettre un malade au lait. Mettre une chose à l'enchère, à l'encan. Mettre quelque chose à la discrétion de quelqu'un."
METTRE, avec "à," suivi d'un verbe à l'infinitif, signifie Faire consister. "Mettre sa gloire, son plaisir, son bonheur à faire quelque chose. Je mets mon orgueil à vous imiter."
METTRE, avec la préposition "de," signifie Faire participer. "On le met de toutes les fêtes, de toutes les corvées."
METTRE, avec la préposition "sur," signifie Faire parler. "On le mit sur ce chapitre."
METTRE se construit aussi avec certains adverbes, de manière à former un sens particulier. "Ils avaient de la peine à se rapprocher, je les ai mis bien ensemble," Je les ai réconciliés. "La jalousie les a mis mal ensemble," Les a brouillés. "Cette chienne a mis bas," Elle a fait des petits. "Ce cerf a mis bas, a mis sa tête bas," Il s'est dépouillé de son bois, son bois est tombé. "Mettre habit bas," Ôter son habit. "Mettre ses habits bas," Se déshabiller. "Mettre bas son chapeau," ou "Mettre chapeau bas," ôter son chapeau. "Mettre pavillon bas," Baisser le pavillon pour annoncer qu'on se rend.
Fam., METTRE, avec "que" et l'indicatif ou le subjonctif, signifie Admettre, supposer. "Mettez que je n'ai rien dit. Mettons que ce soit vrai."
METTRE s'emploie quelquefois sans complément direct. "Mettre de côté," Épargner son revenu, amasser de l'argent.
METTRE s'emploie dans plusieurs locutions spéciales à la Marine. "Mettre un vaisseau à la mer, à flot, à la cape, en panne. Mettre tout au vent. Mettre vent en poupe. Mettre les voiles" "dedans. Mettre les voiles dehors, toutes voiles dehors. Mettre le cap en route. Etc." Voir, pour l'explication, les mots MER, FLOT, CAPE, PANNE, etc.
Absolument, "Mettre à la mer, Mettre à la voile."
METTRE s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans la plupart des acceptions où il a pour sujet un nom de personne. "Se
"Mettez-vous là," Asseyez-vous, prenez place.
Pop., "Se
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Faire occuper par quelqu'un ou par quelque chose un endroit déterminé. Mettre un cheval dans l'écurie. Mettre du bois dans la cheminée.
CORN.: « Il se saisit du port, il se saisit des portes, Met des gardes partout, et des ordres secrets »
ROTR.: « [Il] Lui met le fer au sein que mourant il y laisse »
PASC.: « Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir »
RAC.: « C'est lui
BUFF.: « Qu'on mette ensemble et dans un même lieu un grand nombre d'animaux de même espèce, il en résultera nécessairement un certain arrangement, un certain ordre, de certaines habitudes communes »
Fig.
TH. CORN.: « Elle n'est pas encore où son espoir la met »
Mettre couteau sur table, se préparer à faire bonne chère.
Fig. Mettre dedans, voy. DEDANS, n° 1.
Mettre dans de beaux draps blancs, voy. DRAP, n° 3.
Mettre de la paille dans ses souliers, ou plus usuellement,
Mettre au cabinet, voy. CABINET, n° 9.
Fig. Mettre de l'argent du côté de l'épée, voy. ÉPÉE, n° 1.
Mettre le pied dans une maison, y entrer.
Il ne saurait
Mettre sous les yeux, placer quelque chose devant quelqu'un de manière qu'il puisse voir, lire, examiner la chose.
Fig. Mettre sous les yeux,
MOL.: « Je lui mettais aux yeux comme de notre temps Cette soif [d'écrire] a gâté de fort honnêtes gens »
MOL.: « Vous devriez leur
Fig. Mettre aux mains, rendre possesseur.
CORN.: « Des aïeux de Décie on vante la mémoire ; Et ce nom, précieux encore à vos Romains, Au bout de six cents ans lui met l'empire aux mains »
2 Terme de marine. Mettre à la mer, lancer un navire à l'eau.
Mettre à la bande, faire incliner un navire sur un de ses côtés, pour visiter, nettoyer, réparer l'autre côté de sa carène.
Lettre de du Quesne, 1680, dans JAL.: Après avoir fait à Caillery ce que j'y devais faire, j'ai mis à la bande pour nettoyer nos vaisseaux
Mettre en chantier,
Mettre les voiles en ciseaux dans un bâtiment latin ou dans une embarcation, border l'une à bâbord, l'autre à tribord, si bien que, le vent venant de l'arrière, toutes deux fonctionnent également bien et sans se nuire.
JAL.: « Mettre sur le nez, charger un navire de l'avant, et, par cette surcharge, changer sa ligne de flottaison, et faire enfoncer sa proue dans l'eau plus qu'il ne convient »
Mettre sur cul un navire, charger le navire de telle sorte que sa poupe s'enfonce dans l'eau plus qu'il ne convient.
Mettre tout dehors, ou toutes voiles dehors,
Mettre la barre à bord, pousser la barre du gouvernail contre le bord du navire pour forcer le bâtiment de tourner vivement sa proue du côté opposé à celui où la barre est mise.
Mettre l'ancre à poste,
Mettre un navire à la côte, l'échouer.
Fig. Mettre à la côte, se dit des personnes et des choses qu'on met de côté, hors de service.
3 Par extension, mêler quelque chose à une autre chose. Mettre de l'eau dans du vin. Mettre quelques gouttes de laudanum dans une potion. Mettre du sel dans un ragoût.
Fig. Mettre de l'eau dans son vin, céder, baisser le ton.
4 Reconduire jusqu'à un certain endroit.
CORN.: « De Pompée en ces lieux savez-vous ce qu'on dit ? L'avez-vous mis fort loin au delà de la porte ? - Comme assez près des murs il avait son escorte, Je me suis dispensé de le
5 Mettre dehors, congédier, renvoyer, en parlant d'un domestique, d'un employé, etc.
MARIVAUX: « Il suffit que j'aime ce garçon, Monsieur le met dehors »
6 Placer dans un certain rapport de position. On m'a mis à côté de lui à table. Mettre un fardeau à terre. Mettre un écran devant le feu. Mettez vos livres avec les miens.
MOL.: « Martine : J'ai quatre pauvres petits enfants sur les bras. - Sganarelle : Mets-les à terre »
RAC.: « Il fallait entre vous
7 Fig. Il se dit des choses abstraites, intellectuelles, morales que l'on met comme on ferait de choses matérielles.
MAIRET: « Cette seule faveur est tout ce que je veux, Et c'est là que j'ai mis le comble de mes voeux »
CORN.: « L'espoir de son salut en lui seul était mis »
CORN.: « Madame, vous voyez avec quels sentiments Je mets ce grand obstacle à vos contentements »
CORN.: « Et qui peut attendre si tard à répondre aux grâces divines, Met son salut en grand hasard »
RAC.: « Je renvoie Hermione, et je mets sur son front Au lieu de ma couronne un éternel affront »
FÉN.: « Elle n'ignore ni votre naissance, ni vos aventures, ni ce que les dieux ont mis en vous »
MASS.: « Ceux qui n'ont pas su
MONTESQ.: « La tyrannie d'un prince ne met pas un État plus près de sa ruine que l'indifférence pour le bien commun n'y met une république »
VOLT.: « Vous avez mis la mort dans ce coeur outragé »
VOLT.: « Je mettrais mon devoir dans l'infidélité ! »
DUCIS: « Faudra-t-il que sa fille Mette à son tour le deuil, le trouble en sa famille ? »
Mettre à quelqu'un quelque chose dans la tête, lui faire prendre quelque résolution, lui suggérer quelque désir. Il lui a mis dans la tête de se retirer à la campagne.
On dit dans le même sens :
RAC.: « Veillé-je ? puis-je croire un semblable dessein ? Quel dieu, seigneur, quel dieu l'a mis dans votre sein ? »
Se
HAUTEROCHE: « Adieu, monsieur, mettez-vous en tête que vous n'aurez jamais ma fille »
SÉV.: « Mettez-vous un peu tout cela dans la tête, c'est par là d'ordinaire qu'on en vient à l'exécution »
Il se dit des personnes qui sont dans quelque condition abstraite, morale, comme on serait dans une condition matérielle. Vous l'avez mis dans son tort, dans l'embarras. Mettre quelqu'un à la tête d'une entreprise. Mettre quelqu'un dans les intérêts de, lui inspirer de la bonne volonté pour.
MAINTENON: « Vous m'avez si bien mise dans les intérêts de M. de Levi, que je suis fâchée du dégoût qu'on lui donne »
Mettre la paix, voy. PAIX.
Mettre aux pieds, voy. PIED.
8 Ajouter à quelque objet une partie qui y manque. Mettre un manche à un balai Mettre le comble à un bâtiment. Mettre un fer à un cheval.
Mettre les chevaux à la voiture, atteler.
HAUTEROCHE: « Et à toi, de
Absolument. Les chevaux sont mis, la voiture est attelée.
DE BIÈVRE: « ....Elle sait même aussi que vos chevaux sont mis »
9 Mettre dans une certaine disposition physique, avec un nom de chose pour sujet.
SÉV.: « La pauvre femme [Mme de la Fayette] était très malade d'une colique cruelle, qui l'a mise dans une grande faiblesse »
10 Mettre, en parlant des personnes, envoyer, conduire en un lieu, y faire entrer, y établir. On me mit dans une belle chambre. Mettre un enfant au collége, dans un collége. Il a mis son fils chez le notaire.
MARIVAUX: « J'ai vu votre soeur à la campagne ; on est fort content d'elle, où je l'ai mise »
Par extension,
Mettre une personne auprès de quelqu'un, la lui donner pour compagnon ou compagne, pour maître ou maîtresse, pour domestique.
LESAGE: « Je veux
GENLIS: « Je vous ai mise auprès d'elle, non-seulement pour cultiver son coeur et son esprit et lui donner des talents agréables, mais surtout pour me dire la vérité »
Fig. Mettre un prince sur le trône, l'y établir.
VOLT.: « Et les destins l'ont mis Au trône de Cresphonte, au trône de mon fils »
Mettre quelqu'un dans un poste, lui conférer un emploi.
Mettre dans, établir dans.
SÉV.: « Mme de la Fayette doit être parfaitement contente d'avoir mis son fils dans une si grande et honorable alliance »
Mettre dans le monde,
Mettre au jour, voy. JOUR, n° 1.
11 En parlant de ce qui sert à l'habillement, à la parure, revêtir. Mettre sa chemise, son habit, son chapeau, etc.
MOL.: « Vous m'avez envoyé des bas de soie si étroits, que j'ai eu toutes les peines du monde à les
SÉV.: « Mme de Lavardin fait présent à Mme de Bury d'une robe noire, d'une jupe, d'un mouchoir de point avec les manchettes, tout cela prêt à
Il signifie quelquefois porter habituellement. Il ne met plus que des bottes.
Mettre un habit à quelqu'un, l'en revêtir.
MOL.: « Mettez cet habit à Monsieur de la manière que vous faites aux personnes de qualité »
Mettre sur soi tout ce qu'on gagne, le dépenser en parures.
MOL.: « C'est que je joue ; et, comme je suis fort heureux, je mets sur moi tout l'argent que je gagne »
Mettre en chemise, et, anciennement,
Mettre en blanc, dévaliser.
On dit du porc, qu'il a tout mis, quand toutes ses dents sont venues.
12 En parlant des choses qui se mangent, les accommoder, les apprêter d'une certaine façon. Mettre une carpe au bleu, en matelote. Mettre un lièvre en pâté, des fruits en compote.
BERCHOUX: « Et le turbot fut mis à la sauce piquante »
13 Placer, employer d'une certaine manière, en parlant d'argent. Mettre son argent à la caisse d'épargne, dans une manufacture, à fonds perdu.
DANCOURT: « Non, mon petit ami, croyez-moi, n'allez point
Mettre de l'argent à la grosse aventure, voy. AVENTURE, n° 3.
Mettre à intérêt, placer de l'argent de manière qu'il produise intérêt.
MOL.: « Si vous êtes heureux au jeu, vous devriez en profiter, et
Mettre au jeu, déposer son enjeu.
Mettre à la loterie, prendre un billet de loterie.
HAMILT.: « On faisait de temps en temps de petites loteries de bijoux ; le chevalier de Grammont y mettait toujours »
14 Il se dit de ce qu'on écrit sur le papier, dans un livre. Il a mis cette remarque à la marge. Tite-Live a mis dans son histoire qu'on ne sait comment Romulus disparut.
VOLT.: « Vous savez que, le père du cardinal Mazarin étant mort à Rome, on mit dans la gazette de Rome : Nous apprenons de Paris que le seigneur Pierre Mazarin, père du cardinal, est mort ici »
Mettre quelqu'un dans un livre, dans un journal, parler de quelqu'un dans un livre, dans un journal.
VOLT.: « Quiconque se pend à Londres, ou se noie, ou se tire un coup de pistolet, est mis dans la gazette »
Mettre dans une lettre, dans un écrit, exprimer dans une lettre, dans un écrit. Il a mis dans sa lettre beaucoup de compliments pour vous.
MAINTENON: « Mettez dans votre lettre à M. le Prince que vous auriez pu lui faire parler par M. le cardinal de Noailles »
Absolument.
MARIVAUX: « Voilà pourquoi il a mis qu'il m'a offensée »
Mettre au bas, quand il s'agit d'une lettre, terminer une lettre par une formule de politesse qui doit varier selon le rang des personnes à qui l'on écrit.
PELLISSON: « L'Académie, qui voulait répondre en corps, afin que la lettre eût plus d'effet en faveur de la veuve, se trouva en peine comment elle mettrait au bas »
Mettre quelqu'un sur une liste, l'inscrire dans une liste.
MARMONTEL: « Que, si elle m'avait nommé, il m'aurait mis volontiers sur la liste qu'il avait présentée au roi »
Mettre un événement à une date, dans telle année, le rapporter à cette date, à telle année.
MONTESQ.: « Valère Maxime met l'époque du luxe à l'abrogation de cette loi [la loi oppienne, contre le luxe] »
Mettre en écrit ou par écrit, rédiger, écrire.
MOL.: « Une autre fois je mettrai mes raisonnements par écrit pour disputer avec vous »
Mettre en, traduire.
BOSSUET: « Je vous envoie une lettre que j'ai mise en français »
Familièrement. Mettre en français, corriger les fautes d'une rédaction incorrecte. Sa pétition était très mal rédigée ; je l'ai mise en français.
Mettre en vers, écrire en vers quelque chose qui est écrit en prose.
MOL.: « Je travaille à
VOLT.: « Villers, comédien de l'hôtel de Bourgogne, mit le Festin de Pierre en vers, et il eut quelque succès à ce théâtre »
Mettre en dialogue, rédiger sous forme de dialogue.
VOLT.: « Shakespeare a pris toutes ses tragédies de l'histoire ou des romans, et il n'a fait que
15 Il se dit de certaines peines qu'on inflige. Mettre un homme en prison, au pilori, aux fers. Il fut mis à l'amende. Mettre un enfant en pénitence.
Mettre au ban de l'Empire, voy. BAN, n° 5.
Mettre à mort, faire périr soit à la suite d'un jugement, soit par la volonté d'un homme puissant. Néron fit
BOURDAL.: « Avec une fausse conscience que ne firent pas les Juifs ? ils crucifièrent le saint des saints, ils mirent à mort Jésus-Christ »
16 Fig. Employer, manifester, en parlant de qualités morales, intellectuelles. Mettre de la passion, de la colère dans une action. Mettre de l'âme, de l'expression dans son chant. Mettre du mystère dans sa conduite.
FÉN.: « Mettez votre gloire dans la simplicité »
VOLT.: « Charles, après cinq années et quelques mois de séjour en Turquie, en partit sur la fin d'octobre en 1714 ; on sait qu'il mit dans son voyage la même singularité qui caractérisait toutes ses actions »
DIDER.: « Ce n'est pas assez que vous sachiez
17 Fig. Sacrifier.
LA FONT.: « Ce que chez vous nous voyons estimer N'est pas un roi qui ne sait point aimer, C'est un mortel qui sait
LA BRUY.: « Ils ont mis leur repos, leur santé, pour avoir ces richesses »
Mettre le tout pour le tout, risquer toute chose.
Mettre du sien, faire quelque sacrifice d'argent.
LA BRUY.: « Les gens de delà l'eau, et ceux en deçà se cotisent et mettent chacun du leur »
COLLIN D'HARLEVILLE: « Peut-être croyez-vous que je fais mes affaires ; La vérité pourtant est que j'y mets du mien »
Par extension. Mettre du sien, prendre de la peine, employer son travail à quelque chose.
FONTEN.: « Ceux qui savent ce que c'est que de déchiffrer ces anciens textes ne diront pas que M. Leibnitz n'a mis du sien dans le Codex diplomaticus que sa belle préface »
Fig. Mettre du sien, faire des concessions. Si l'on veut s'entendre, il faut que chacun mette du sien.
Fig. Mettre du sien, signifie aussi ajouter à une histoire, l'enjoliver, l'exagérer. Tout cela n'est pas fort exact ; il a mis beaucoup du sien.
18 Mettre du temps, employer un certain temps. Il a mis deux heures à faire cette copie.
ROLLIN: « Virgile commença aussitôt son Énéide, il y mit onze ou douze ans »
MONTESQ.: « La flotte d'Alexandre mit sept mois pour aller de Patale à Suse »
J. J. ROUSS.: « Je mis à ce voyage une quinzaine de jours, que je peux compter parmi les heureux de ma vie Populairement. Ne
VAUGELAS: « On dit : allez-vous-en chez un tel, et ne mettez guère, pour dire : ne soyez pas longtemps, ou ne demeurez guère ; à la vérité, cette façon de parler est française, mais si basse que je n'en voudrais pas user »
19 Mettre, construit avec un substantif sans article. Mettre fin, terminer. Mettre obstacle, s'opposer. Mettre remède, remédier.
LA FONT.: « Si dans son composé quelqu'un trouve à redire, Il peut le déclarer sans peur, Je mettrai remède à la chose »
Mettre ordre, voy. ORDRE.
20 Mettre, construit avec la préposition à. Mettre une ville à contribution. Mettre un homme à terre. Mettre à fin une entreprise.
Mettre à bas, abaisser, humilier.
MOL.: « J'ai de quoi
Mettre à bout, épuiser la patience, pousser à toute extrémité.
MOL.: « Ah ! juste ciel ! cela se peut-il demander ? Et n'est-ce pas pour
Mettre à mal, vaincre, faire céder. Mettre une femme à mal, la séduire.
Mettre à feu et à sang, tuer et brûler.
FLÉCH.: « On mit à feu et à sang tout ce qui se rencontra dans les villes ou dans la campagne, sans aucune distinction d'âge ou de sexe »
Mettre à tous les jours, voy. JOUR, n° 4.
Mettre à,
SÉV.: « Nos conversations sont infinies [avec M. de Guitaut] : il aime à causer, et, quand on me met à causer, je ne fais pas trop mal aussi »
Nommer à.
SÉV.: « Il [l'archevêque de Paris] a emporté contre les commissaires qui avaient la conscience plus délicate que lui, que le roi peut
P. L. COUR.: « Il [Colbert] n'attacha point de traitement aux places de votre Académie, de peur, disent les mémoires du temps, que les courtisans n'y voulussent
En parlant d'une personne, employer à.
MOL.: « C'est une fille de ma mère nourrice que j'ai mise à la chambre, et elle est toute neuve encore »
Mettre un homme à, l'amener à, le
LA BRUY.: « Le plus court moyen est de
Employer à, en parlant d'une chose.
MOL.: « Mais l'amitié demande un peu plus de mystère, Et c'est assurément en profaner le nom Que de vouloir le
SÉV.: « Vous ne voulez donc pas qu'on dise vapeurs ? mais que ferons-nous, si vous ôtez ce mot ? car on le met à tout »
MASS.: « Inconstance qui ne met la raison à rien »
Mettre au hasard, exposer, risquer.
J. J. ROUSS.: « Un prince qui met sa cause au hasard de la guerre, n'ignore pas qu'il court des risques ; mais il en est moins frappé que des avantages qu'il se promet »
Mettre au fait,
Mettre à prix, évaluer.
Ajouter.
SÉV.: « Moquez-vous des nouvelles de la place des Prêcheurs [place d'Aix] ; l'enlèvement de la princesse d'Orange et la prise de son mari sont à faire rire ; mettons-y le siége de Bois-le-Duc, qui n'était qu'une plaisanterie »
VOLT.: « Nous perfectionnons, nous adoucissons, nous cachons ce que la nature a mis dans nous, mais nous n'y mettons rien »
Je n'y prends, ni n'y mets, c'est-à-dire la chose dont il s'agit m'est indifférente ; ou bien, je ne retranche ni n'ajoute rien à l'histoire que je raconte, mais je n'en garantis pas la vérité.
SÉV.: « Voilà ce qu'il vous demande : vous voyez bien que je n'y prends ni n'y mets »
Qui plus y mit, plus y perdit, se dit de gens qui se sont querellés et que l'on arrange.
SCARR.: « Comme il était homme d'esprit et avait grand crédit parmi ses paroissiens, il n'eut pas grande peine à pacifier le différend, et qui plus y mit, plus y perdit »
Réduire à. Mettre un homme à la besace. Mettre aux abois. Mettre un employé à la retraite, un militaire à la demi-solde.
Il se dit des choses dans le même sens. Mettre un étang à sec. Mettre une marchandise au rabais. Mettre une appellation au néant.
Mettre à l'eau, prescrire de ne boire que de l'eau. Mettre au régime, faire observer un régime exact.
VOLT.: « Je suis toujours malade.... on m'a mis au lait de chèvre »
Mettre quelqu'un au pis, au pis faire, à pis faire, le défier de faire tout le mal qu'il a le pouvoir ou l'intention de faire.
RAC.: « Au moins, dites-leur bien que je ne les crains guère ; Ils me feront plaisir : je les mets à pis faire »
Mettre quelqu'un à pis faire, le défier de faire plus mal qu'il n'a déjà fait.
CORN.: « Je mets à faire pis, en l'état où nous sommes, Le sort, et les démons, et les dieux, et les hommes »
Mettre une chose, avec la préposition à suivie d'un verbe à l'infinitif, signifie la faire consister à, en.
CORN.: « ....Le siècle où nous sommes À bien dissimuler met la vertu des hommes »
CORN.: « Où les meilleurs soldats et les chefs les plus braves Mettaient toute leur gloire à devenir esclaves »
PASC.: « Jésus-Christ a mis l'honneur à souffrir »
FÉN.: « On ne met pas seulement le courage à mépriser la mort »
FÉN.: « Qu'on mette l'honneur à fuir les délices »
L. RAC.: « Admirateur zélé de ces maîtres fameux, Je mets toute ma gloire à marcher après eux »
21 Mettre avec,
SÉV.: « Vous ai-je dit que le roi a ôté la communion de la cérémonie [réception des chevaliers] ? je mets quasi la beauté de cette action avec celle d'empêcher les duels »
22 Mettre dans, faire participer à, faire part de.
SÉV.: « Il [Coulanges] vous a mis dans la folie de la Cuverdan [nom d'une dame imaginaire] »
SÉV.: « Le titre de nouveau venu dans la province le rend fort considérable [Charles de Sévigné], et le met dans toutes les affaires »
Mettre dans les discours, les propos, impliquer dans des bavardages.
MOL.: « Si pour les sots discours où l'on peut être mis, Il fallait renoncer à ses meilleurs amis »
MOL.: « Et, pour ne vous point
23 Mettre, avec la préposition de, faire participer à, faire entrer dans.
SÉV.: « Que fera-t-il [le jeune marquis de Grignan] d'un carnaval à Paris et à Versailles, où l'on voudra le
HAMILT.: « Elle la mit de tous les soupers qu'elle donnait au roi »
LE SAGE: « Il me mit de sa partie de chasse »
VOLT.: « L'estime du roi s'accrut de jour en jour pour Zadig ; il le mettait de tous ses plaisirs »
VOLT.: « Oserai-je encore vous parler du petit la Harpe, qui a beaucoup d'esprit et beaucoup de goût ?... si vous le mettiez de l'Académie, il pourrait vous devoir sa fortune »
Ajouter à.
SÉV.: « Certaines prières nouvelles que nous mettions de notre prière du soir »
Mettre de côté, voy. CÔTÉ, n° 14.
24 Mettre en, au sens physique, changer la disposition, la forme, l'état d'une chose. Mettre une chose en poussière. Mettre une vigne en espalier. Mettre une chambre en couleur. Le feu était trop ardent, on a mis cette viande en charbon. Mettre une armée en bataille, un régiment en ligne.
SÉV.: « Mme de la Fayette.... a mis sa petite chambre en cabinet »
Mettre en feu,
RAC.: « Brûlez le capitole et mettez Rome en cendre »
Mettre en pièces, en quartiers, déchirer.
LA FONT.: « L'attaquer, le
Mettre en main, voy. MAIN, n° 25.
Mettre en musique, voy. MUSIQUE.
Mettre en, employer d'une certaine manière. Mettre son argent en fonds de terre, en rentes, en viager. Mettre une terre en blé, en seigle, en orge, l'ensemencer en blé, en seigle, en orge. Il a mis vingt arpents en vigne, en bois. Il a mis tout le bord de son ruisseau en osier.
Fig. Mettre en faveur. Cette action l'a mis en honneur. Mettre sa conscience en repos.
Fig. Mettre en délibération, voy. DÉLIBÉRATION.
Mettre en arrière, déposer, renoncer à.
MOL.: « De grâce, parle, et mets ces mines en arrière »
Mettre en plein jour, manifester clairement.
CORN.: « C'est mon faible, il est vrai ; mais, si j'ai de l'amour, J'ai du coeur, et pourrais le
Fig. Mettre en, en parlant d'un sentiment, d'une passion, la susciter chez quelqu'un. Mettre quelqu'un en colère, en fureur.
CORN.: « Piqué d'un faux dédain, j'avais pris fantaisie De
CORN.: « Grâces aux immortels, l'effort de mon courage Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrage »
MOL.: « C'est que cette action le met en jalousie »
FÉN.: « Ménagez votre santé, sur laquelle on me met en quelque inquiétude »
25 Mettre pour, regarder comme, prendre pour.
SÉV.: « Si vous ne mettez la volonté de Dieu pour toute règle et pour tout ordre, vous tomberez dans de grands inconvénients »
26 Mettre sur, faire parler.
MOL.: « Je l'ai mis sur ce mariage »
BOSSUET: « Je l'ai mis sur le discours de la soeur Griffine »
HAMILT.: « En le mettant sur l'amour et la galanterie »
Mettre sur soi, prendre la responsabilité de.
SÉV.: « Étant persuadée que c'est son absence qui me fait passer l'hiver aux Rochers au lieu de Rennes, elle [Mme de Chaulnes] met sur elle tout ce qui pourrait m'y arriver »
27 Mettre bas, déposer à terre.
LA FONT.: « Le chien mit bas la proie Pour la défendre mieux, n'en étant plus chargé »
Fig. Mettre bas, renoncer à, écarter.
MOL.: « Qui ? moi, monsieur ? - Oui, vous, mettons bas toute feinte »
MOL.: « Allons donc, messieurs, mettez bas toute rancune, et faisons ici votre accommodement Mettre habit bas, ôter son habit. »
SÉV.: « Je voulus voir sa contusion ; mais, comme elle est, ne vous déplaise, à la cuisse gauche, je ne trouvai pas à propos de lui faire
Mettre ses habits bas, se déshabiller.
Mettre bas son chapeau, ou
Mettre bas, faire ses petits, en parlant des animaux.
Terme de vénerie. Le cerf a mis sa tête bas, a perdu son bois.
Terme de marine. Mettre pavillon bas, abaisser son pavillon, pour annoncer qu'on se rend.
Fig. Mettre pavillon bas, céder, capituler.
28 Mettre, se construit quelquefois avec l'infinitif d'un autre verbe, sans que cet infinitif soit précédé d'aucune préposition. Mettre sécher du linge. Mettre chauffer de l'eau, etc.
29 Mettre bien ensemble deux personnes, les réconcilier. Les
Mettre quelqu'un hors de soi, l'impatienter, le courroucer outre mesure.
Mettre hors d'haleine, essouffler.
J. J. ROUSS.: « La course et l'émotion l'ont mis hors d'haleine »
30 Terme de manége. Faire passer un cheval à un nouvel exercice. Ce cheval est propre à
Mettre un cheval dedans, dans la main, dans les talons, le faire obéir à la main, aux talons du cavalier.
Mettre les deux bouts en dedans,
Mettre bien ensemble,
Mettre un cheval sous le bouton, raccourcir les rênes par le moyen du bouton de la bride que l'on fait descendre jusque sur les crins.
Mettre la croupe au mur, faire suivre au cheval par des pas de côté la longueur des murs du manége, la croupe étant près de la muraille.
31 Terme d'horticulture. Mettre un arbre à fruit, opération qui consiste à faire, par une taille appropriée, qu'un arbre produise plus tôt et plus abondamment que d'habitude.
32 Terme de métallurgie. Mettre en feu, commencer à allumer le fourneau.
Mettre hors, arrêter, vider le fourneau.
33 Terme de construction. Mettre des pièces de bois en chantier, tracer sur ces pièces, d'après une épure, les lignes qui indiquent la manière dont on doit les tailler.
Mettre un travail en chantier, le commencer.
Mettre dedans, assembler les pièces après que la taille a été faite.
Mettre sur son raide ou sur son fort,
34 Mettre en cire, se dit du metteur en oeuvre qui pose sur un bloc de cire toutes les pièces d'un ouvrage, dans le sens où elles doivent être montées, afin de les souder.
35 Mettre, pris absolument et sans complément direct. Mettre sur table, poser les plats sur la table.
RÉGNARD: « Oui, qu'on mette à l'instant sur table, s'il vous plaît »
Mettre sans complément, avec ou sans l'adverbe dessus, se couvrir la tête.
MOL.: « Dorante : Allons, mettez. - M. Jourdain : Monsieur, je sais le respect que je vous dois. - Dorante : Mon Dieu ! mettez ; point de cérémonie entre nous »
MOL.: « Mettons donc sans façon »
MOL.: « Mettez donc dessus, s'il vous plaît »
Mettre sur quelqu'un, enchérir sur lui, dans un encan. Faisons un accord : je ne mettrai pas sur vous, ni vous sur moi.
Mettre pour admettre. Mettons que le fait soit vrai.
36 Terme de marine. Mettre à la mer ou en la mer, quitter le port ou la rade, et gagner la haute mer.
Mettre à la voile ou sous voiles, offrir au vent une ou plusieurs voiles pour qu'il entraîne le navire, jusque-là immobile.
Mettre à culer, orienter ses voiles de telle sorte que le navire cule au lieu d'aller de l'avant.
Mettre en travers, présenter l'un des côtés du navire au vent, qui le frappera perpendiculairement.
Mettre à l'autre bord, virer de bord.
Mettre à sec, serrer toutes ses voiles.
Mettre à la cape, prendre la position de la cape.
37 Se
MOL.: « Approchons cette table, et vous mettez dessous »
PASC.: « L'homme ne sait à quel rang se
FONTEN.: « La même inclination qui fait qu'on veut avoir la place la plus honorable dans une cérémonie, fait qu'un philosophe dans un système se met au centre du monde, s'il peut »
Fig.
CORN.: « Vous vous mettez fort mal au chemin de régner »
MONTESQ.: « Le monde se met de temps en temps dans des situations qui changent le commerce »
Mettez-vous là, c'est-à-dire asseyez-vous, prenez place à table.
MOL.: « Je veux un homme qui m'ait obligation de ma fille et à qui je puisse dire : mettez-vous là, mon gendre, et dînez avec moi »
Se
SÉV.: « Parlons du vôtre [voyage] : tâchez de ne vous point
Fig. Ne savoir où se
SÉV.: « Comme ce style n'est point naturel, tout le monde en fut surpris, et l'on ne savait où se
MARIVAUX: « Ahi ! ah ! je ne sais plus où me
Fig. Se
Fig. Se
Terme de marine. Se
38 Se
MOL.: « Quant à se
MOL.: « Voilà ce que c'est que de se
HAMILT.: « Tu sais comme on se mettait alors »
ID.: « Il était l'homme de la cour qui se mettait le mieux »
MARIVAUX: « Sa façon de se
VOLT.: « Le grand art des bons écrivains français est précisément celui des femmes de cette nation qui se mettent mieux que les autres femmes de l'Europe »
J. J. ROUSS.: « Elles [les Parisiennes] se mettent si bien, ou du moins elles en ont tellement la réputation, qu'elles servent, en cela comme en tout, de modèle au reste de l'Europe »
Se
locution des gens de cour, d'après DE CAILLIÈRES, 1690: Cela ne se sait point
39 Se
Se
MARMONTEL: « Je me mis en prière, dernier recours des malheureux »
Se
MONTESQ.: « Il ne se met point en défense pour ne point avouer qu'il se fût mis en danger »
Fig. Se
LA FONT.: « Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté Ne se mette pas en colère »
MOL.: « Je me veux
Se
PASC.: « Entre ceux qui n'en sont pas persuadés [de l'immortalité de l'âme], je fais une extrême différence de ceux qui travaillent de toutes leurs forces à s'en instruire, à ceux qui vivent sans s'en
Se
Se
BOSSUET: « Comme nous ne connaissons si nous avons reçu dignement le corps du Sauveur, qu'en nous mettant en état qu'il paraisse qu'un Dieu nous nourrit »
40 Fig. Se
GENLIS: « Ils se mirent l'un et l'autre au service d'un riche fermier »
Se
BOILEAU: « Je me mets au hasard de me faire rouer »
Se
CORN.: « Avez-vous su connaître à quel prix je me mets ? »
Se
Se
Se
J. J. ROUSS.: « C'était alors la mode de l'eau pour tout remède ; je me mis à l'eau, et si peu discrètement, qu'elle faillit me guérir, non de mes maux, mais de la vie »
Se
P. L. COUR.: « Il se mit bientôt au fait, et devint à la fin si habile.... »
Se
BOILEAU: « Tous mes sots à la fois, ravis de l'écouter, Détonnant de concert, se mettent à chanter »
FONTEN.: « Les hommes sont faits pour être ridicules, et ils le sont, cela n'est pas étonnant ; mais une déesse qui se met à l'être l'est bien davantage »
VERTOT: « Il se mit ensuite à fuir, toujours accompagné de ses deux fidèles amis et d'un esclave appelé Philostrate »
Absolument. S'y
SÉV.: « Je ne vous écris pas souvent ; mais vous m'avouerez que, quand je m'y mets, ce n'est pas pour peu »
REGNARD: « Je suis, quand je m'y mets, plus têtu qu'une mule »
41 Se
SÉV.: « Je vous conseille de vous
42 Se
RÉGNIER: « Il s'y met si avant que je crus que mes jours Devaient plus tôt finir que non pas son discours »
43 Fig. Se
Se
MOL.: « Je me veux
Se
Se
RÉGNIER: « Et se mit aussitôt sur la cérémonie »
Se
SÉV.: « Ils se mirent sur les perfections d'Hébert »
MAINTENON: « Il s'est mis sur vos louanges d'un fort bon ton »
44 Se
On dit en sens inverse : se
45 Populairement. Se
46 Se
LA FONT.: « Femme n'était qui ne s'en mît »
J. J. ROUSS.: « Restait chez moi du matin au soir plusieurs jours de suite, se mettait de mes promenades »
47 Se
48 Se
Fig. Se
LA FONT.: « Les dix ans expirés, matière plus profonde Se mit sur le tapis.... »
Être mis sur le corps, comme vêtement.
MOL.: « Ces sortes d'habit se mettent avec cérémonie »
Être accommodé, en parlant de mets. Ce gigot se mettra en daube. L'anguille se met au court-bouillon.
Fig. Se
LA FONT.: « D'autres secrets se mettent en usage »
Fig. Se
BOSSUET: « L'épouvante se mit partout »
BOSSUET: « C'est une étrange faiblesse de l'esprit humain que jamais la mort ne lui soit présente, quoiqu'elle se mette en vue de tous côtés et en mille formes diverses »
FÉN.: « Si la division se mettait entre eux »
Fig. Se
49 Se
SÉV.: « La sueur s'est tellement mise sur les parties qui sont enflées, qu'il ne faut pas se jouer à la faire rentrer »
SÉV.: « Elle me conta qu'en Danemark il y avait un prince allemand qui s'enfonça une épingle dans le côté.... deux mois après, la gangrène s'y mit »
SÉV.: « Le feu s'est mis à Villeroi ; la moitié d'un corps de logis en est brûlée »
REMARQUE
On dit souvent dans la conversation : Mettre les deux bouts, arriver à la fin de l'année, sans avoir dépensé plus que son revenu. Cette locution n'est pas exacte ; il faut dire : joindre les deux bouts, ou
SYNONYME
METTRE, POSER, PLACER. Mettre est le terme le plus général. Poser, c'est
HISTORIQUE
Xème siècle
Fragm. de Valenc. p. 468: E de cel peril que super els metreiet
XIème siècle
Lois de Guill. 1: E se alquons [aucun] meist main en celui qui....
ib. 3: Se il est inplaidés e seit mis en forfait
ib. 28: Home qui plaide en curt.... e home li mette sus qu'il ait dit chose....
Ch. de Rol. XIV: Metez le siege [obsidio] à [pendant] tute vostre vie
ib. XXXIII: Quant le vit Guenes, mist la main à l'espée
ib. LXXXVIII: Françeis se dressent, si se mettent sur piez
ib. CXV: Terre major, ce dist, [il] metrat à honte
ib. CXXXI: Rolans a mis l'olifan [le cor] à sa buche
ib. CLXXIII: Mais lui meïsme [il] ne velt [veut]
ib. CCIV: Ami Rolans, Deus mete t'ame en flurs [paradis]
XIIème siècle
Ronc. 24: Car par celui qui en la crois fu mis
ib. 40: La reregarde de la grant ost Charlon Sera par nous mise à destrucion
ib. 107: Beaux niés [beau neveu], fait Charles, mis m'avez en tristor
ib. 118: En mer se mettent, quand l'aube est esclarée
ib. 171: Et vit les bieres, si se met à plorer
ib. 193: Se Deu plaist et je vif, je vous metrai à mal
Couci, II: Nouvele amor où j'ai mis mon penser
ib.: Car cuer et cors [je] met en vostre maistrie
ib. X: Or le [mon coeur] doinst Diex à droit port ariver, Car il s'est mis en mer sans aviron
ib. XIV: Toute lor peine [ils] ont mise en moi trahir, îb. XIII. Et si [je] me sui mis à sa volenté, Que nus travaus mon desir ne refraigne
ib. XVII: [Son beau visage] Par quoi mes cuers se mist en l'acointance
ib. XXIV: J'eüsse mis ma vie en vo [votre] merci
Saxons, IX: Il i ont mis du feu tout rasé [ras] un tonel
ib. XIV: Le regne d'Alemagne [ils] vous ont mis à charbon, Et Cologne destruite....
ib. XXII: Plus [ils] ont paor de mort que de
ib. XXXI: Si metomes un terme prochain, ne demeurt guere
Rois, p. 183: Deus volt [voulut] metre Absalon à mal, cum il l'out deservid
ib. 262: E le felun met [je mets] à mort e a desfacun
ib. 365: Les fiz as prophetes mistrent le prophete Helyseu à raisun [lui parlèrent] ; si distrent....
Th. le mart. 95: Li reis, qui mult le het, ne l'ad mis en obli
ib. 75: Sur un char fist um metre l'arche Deu et covrir ; Li buef en chancelerent, l'arche voleit chaïr ; Oza i mist la main, qui la volt retenir, L'ire Deu l'abati
Raoul de C. 54: Un fil en ai, dont encor sui plus fiere ; La merci Dieu ! ne m'en met pas ariere [grâce à Dieu, je ne m'en estime pas moins]
XIIIème siècle
Chr. de Rains, 119: En non Dieu, dist li papes, je voel que la cités soit destruite et que il soient tous mis à l'espée
BRUN. LATINI: « Se il met en ordre la dignité des choses selonc lor nature »
ib. p. 51: ....Li temples Salemon fu mis à feu et à flame
AUDEFROI LE BAST.: « Amis, vo grant beautés, vo sens, vostre prouesse, M'ont si feru d'un dart d'amour qu'au cuer me blece ; Se vous ne l'en jetez, n'est homs qui hors l'en mece »
ib. 18: Pour s'amour [les chevaliers] metteront mainte lance en astelle
ib. 27: Lors se mit en chemin Argente et sa maisnie
ib. 73: Prendre mari est chose à remenant ; N'est pas marché, qu'on laist quant [on] se repent ; Tenir l'esteut [il faut le tenir], soit lait ou avenant ; Qui mal se met, si vit à douleur grant
VILLEH.: « Seigneur, je vous envoierai le frere ma feme, si le met en la main Dieu et en la vostre, pour ce que vos estes meüs pour droit et pour justice »
ID.: « Li marchis l'asseura et dist que il s'en metroit [s'en remettroit à] seur le duc de Venise et sur le conte Looys de Blois »
ID.: « Lors mist li quens Baudoins de Flandres avant quanques il avoit et quanques il pot empruntier »
ID.: « Et ne sai queles gens mistrent par mal le feu en la vile »
ID.: « Pour Dieu, si i mete chascun de son avoir »
ID.: « Et por ce qu'il savent certainement que nule gent n'ont si grant pooir par mer comme vous avés, vous prient il que vous voelli&ea»
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
("Je mets, tu mets, il met; nous mettons, vous mettez, ils mettent. Je mettais. Je mis. Je mettrai. Mets. Que je misse. Mettant. Mis.") Placer une personne, ou un animal, ou une chose dans un lieu déterminé. "Mettre un malade dans une baignoire. Mettre un cadavre dans une fosse. Mettre un mort en terre. Mettre un cheval dans l'écurie, à l'écurie; un oiseau dans une cage, en cage. Mettre du foin dans le grenier, au grenier. Mettre du bois dans la cheminée. Il faut
"Mettre le pied dans une maison," Y entrer. "Je n'ai jamais mis le pied dans cette maison."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Placer dans un certain rapport de position, un être animé avec un autre, ou une chose avec une autre, ou un être animé avec une chose. "On m'a mis à côté de lui à table. Mettre un enfant à terre, par terre. Mettre quelqu'un hors d'une maison," ou simplement, "le
"Il ne saurait
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie au sens moral dans les deux significations précédentes. "Mettre un homme dans l'embarras, dans son tort. Mettre son bonheur, sa gloire dans la vertu. Mettre son espérance dans les bontés de quelqu'un. Mettre en quelqu'un ses affections, ses complaisances. Mettre un homme au-dessus, au-dessous, à côté d'un autre. Mettre quelqu'un au nombre, au rang de ses amis. Mettre quelqu'un à la tête d'une affaire. Mettre des obstacles, des bornes à quelque chose. Mettre le comble à ses bienfaits, à son ingratitude, etc."
Il s'emploie aussi, dans les mêmes significations, en un grand nombre de phrases figurées et proverbiales. "Mettre la main à l'oeuvre, à la pâte. Mettre la main au bon endroit. Mettre la main à l'encensoir. Mettez la main sur la conscience. J'en mettrais ma main au feu. Vous avez mis le doigt sur la plaie, sur le mal. Mettre un homme sous ses pieds, l'honneur sous ses pieds. Mettre le feu sous le ventre à quelqu'un. Mettre à quelqu'un le poignard sur la gorge. Se
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en parlant Des personnes, signifie souvent, Envoyer, conduire en un lieu, y faire entrer, y établir. "Mettre un enfant dans un collége, au collége; dans une pension, en pension; dans une école, à l'école. Il a mis son fils chez le notaire, chez l'avoué. On m'a mis dans une chambre bien froide."
Par extension, "Mettre un enfant en nourrice, en apprentissage, en métier."
Fig., "Mettre un prince sur le trône," L'y établir. "Mettre quelqu'un dans un poste," Lui conférer un emploi. "Mettre quelqu'un dans le monde," L'introduire dans la société. "Mettre au monde un enfant," Lui donner la naissance.
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit aussi en parlant De certaines peines qu'on inflige, qu'on fait subir. "Mettre un homme en prison, au cachot, aux galères, au carcan, au pilori, aux fers, à la chaîne, à la torture, à la question, aux arrêts, à l'amende. Mettre un enfant en pénitence".
"Mettre un prince, une ville au ban de l'Empire", Déclarer qu'ils ont encouru les peines de confiscation ou autres, prononcées par les lois de l'Empire.
6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en parlant Des personnes, s'emploie aussi dans le sens de Réduire. "Mettre un homme à la besace, à l'aumône, à la mendicité, en chemise, à sec. Mettre un homme au pied du mur, aux abois, à quia, à bout de voie, à bout. Mettre un homme à la retraite, à la réforme, à la pension. Mettre un militaire à la demi-solde."
Il s'emploie quelquefois, dans le même sens, en parlant Des choses. "Mettre une fontaine à sec. Mettre une marchandise au rabais. Mettre une appellation au néant."
7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en parlant De ce qui sert à l'habillement, à la parure, signifie, Le revêtir, le
Il signifie quelquefois, Porter habituellement sur soi. "Il ne met pas de manchettes. Il ne met plus que des bottes."
"Mettre sur soi tout ce qu'on gagne," Le dépenser en parures.
8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en parlant Des choses qui se mangent, signifie, Les accommoder, les apprêter d'une certaine façon. "Mettre une carpe à l'étuvée, au bleu, en matelote; un poulet en fricassée; un lièvre en pâté; des épinards au jus; des oeufs à la poulette; des fruits en compote."
9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en parlant De l'argent qu'on possède, signifie, Le placer, l'employer d'une certaine manière. "Mettre son argent, ses fonds dans une manufacture. Mettre son argent en fonds de terre, en rentes, en viager, à fonds perdu. Il a mis beaucoup d'argent en chevaux, en bijoux, etc. Je suis dupé dans cette affaire, j'y ai mis du mien. Il a mis beaucoup d'argent au jeu, à la loterie."
"Mettre de l'argent à la grosse aventure," Placer de l'argent sur un navire marchand, au risque de le perdre, si ce navire périt.
Absolument, "Mettre au jeu," Déposer son enjeu. "Mettre à la loterie," Prendre un billet de loterie.
10ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en parlant Des terres, signifie Les ensemencer, les planter, les employer d'une certaine manière. "Mettre une terre en blé, en orge, en seigle, en avoine. Il a mis vingt arpents en vigne, en bois. J'ai mis toute cette île en osier."
11ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit encore, au sens physique et au sens moral, en parlant De certaines choses dont on change la forme, qu'on fait passer d'un état à un autre. "Mettre une chose en morceaux, en pièces, en poudre, en poussière, en cendre. Mettre un champ en jachère, en prairie artificielle. Il a mis une partie de ce terrain en verger, et l'autre en potager. On a mis cette viande en charbon, en la laissant trop longtemps au feu. Mettre ses souliers en pantoufles. Mettre une vigne en espalier. Mettre une chambre en couleur. Mettre une armée en bataille, en ligne. Mettre une pensée en vers, du latin en français. Mettre des paroles en musique. Mettre ses idées par écrit."
12ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie quelquefois, Ajouter à quelque chose une partie qui y manque. "Mettre un manche à un balai, un pied à une table, une corde à un violon, un bouton à un habit, une roue à un carrosse, un fer à un cheval. Mettre le comble à un bâtiment."
13ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en parlant De qualités et de dispositions morales, signifie, Les employer, les manifester dans ses actions, dans ses discours, dans ses ouvrages. "Mettre de la bonne foi, de l'adresse, de la réserve, de la modération, du mystère, de la discrétion dans sa conduite. Mettre de la passion, de la haine, du ressentiment, de la colère, de l'injustice dans une action. Mettre de la douceur, de la sévérité, de l'aigreur, de la dureté dans ses discours, dans ses réprimandes. Mettre de la chaleur, de la vivacité dans ses paroles. Mettre de l'ardeur, de la nonchalance dans ses démarches. Mettre de l'esprit, du jugement, du goût, de l'imagination, de l'art, du sentiment dans ses écrits. Mettre de l'âme, de l'expression dans son chant, de l'accent, du feu dans son langage."
14ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
dans quelques phrases, a pour complément direct un substantif non précédé de l'article. "Mettre fin à une affaire, à un ouvrage. Mettre ordre à ses affaires. J'y mettrai bon ordre. Mettre obstacle,
15ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
suivi des prépositions "en" ou "à," s'emploie, tant au propre qu'au figuré, en parlant Des personnes ou des choses, dans un nombre considérable de phrases faites, où il a un sens plus ou moins rapproché, plus ou moins éloigné de sa signification primitive. Nous allons en citer un certain nombre d'exemples.
16ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
avec "en. Mettre quelqu'un en colère, en fureur, en peine, en gaieté, en joie, en bonne" ou "en mauvaise humeur. Mettre quelqu'un" ou "quelque chose en danger, en péril. Cette action l'a mis en faveur, en crédit, en honneur, en réputation, en vogue. Mettre sa conscience en repos. Mettre ses affaires en ordre. Mettre quelqu'un en jeu, en avant, en frais, en dépense. Mettre un État en feu, en combustion. Mettre une armée en campagne, en déroute, en fuite, en désordre, en désarroi. Mettre une terre en valeur, une maison en vente, une parole en oubli. Mettre une chose en oeuvre, en ligne de compte, en état, en évidence, en sûreté, en question, en doute, en délibération, en fait. Mettre un homme en cause, en jugement. Mettre quelqu'un" ou "quelque chose en mouvement, en train, en repos. Mettre de l'argent en dépôt, des effets en gage. Mettre en état de siége. Mettre quelque chose en tête à quelqu'un. Je ne sais quelle chimère il s'est mise en tête. Je lui ai mis en tête un rude adversaire." On dit, aux Échecs, "Mettre une pièce en prise." Voir, pour l'explication, les mots COLÕRE, FUREUR, PEINE, GAIETÉ, JOIE, HUMEUR, DANGER, ETC.
17ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
avec "à. Mettre une affaire à jour. Mettre une ville à contribution. Mettre une chose à profit, à exécution. Mettre quelqu'un à bien, à mal. Mettre quelqu'un à même de.... à portée de... Mettre quelqu'un à couvert. Mettre à fin une entreprise. Mettre à prix la tête de quelqu'un. Mettre une chose à haut prix, à bas prix. Mettre un homme à terre, un homme à mort, etc." Voir, pour l'explication, les mots JOUR, CONTRIBUTION, PROFIT, EXÉCUTION, BIEN, MAL, ETC.
18ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
avec "à," suivi de l'article. "Mettre un homme à la raison, à l'épreuve. Mettre quelque chose au hasard. Mettre une ville au pillage. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Mettre un écrit au net. Mettre les choses au pis. Mettre quelqu'un au fait. Mettre deux personnes aux mains, aux prises. Mettre quelqu'un" ou "quelque chose à l'abri, à l'écart. Mettre une chose à l'enchère, à l'encan. Mettre quelque chose à la discrétion de quelqu'un." Voir, pour l'explication, les mots RAISON, ÉPREUVE, HASARD, ETC.
19ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
avec "à," suivi d'un verbe à l'infinitif, signifie, Faire consister. "Mettre sa gloire, son plaisir, son bonheur à faire quelque chose. Je mets mon orgueil à vous imiter".
"Mettre quelqu'un au pis, au pis faire," Le défier de faire tout le mal qu'il a le pouvoir ou l'intention de faire. "Mettre quelqu'un à pis faire," Le défier de faire plus mal qu'il n'a déjà fait.
20ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se construit quelquefois avec l'infinitif d'un autre verbe, sans que cet infinitif soit précédé d'aucune préposition. "Mettre sécher du linge, chauffer de l'eau, cuire des pois, etc.," Mettre du linge en un lieu, pour qu'il sèche;
21ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se construit aussi avec certains adverbes, de manière à former un sens particulier. "Ils avaient de la peine à se rapprocher, je les ai mis bien ensemble," Je les ai réconciliés. "La jalousie les a mis mal ensemble", Les a brouillés. "Cette chienne a mis bas," Elle a fait des petits. "Ce cerf a mis bas, a mis sa tête bas," Il s'est dépouillé de son bois, son bois est tombé. "Mettre habit bas," Ôter son habit. "Mettre ses habits bas," Se déshabiller. "Mettre bas son chapeau," ou "Mettre chapeau bas," Ôter son chapeau. "Mettre pavillon bas," Baisser le pavillon pour annoncer qu'on se rend. "Il a mis bas son orgueil", Il a déposé son orgueil, il s'est humilié.
22ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie quelquefois sans complément direct. "Mettre sur table," Poser les plats sur la table. "Mettre de côté," Épargner son revenu, amasser de l'argent.
Prov., "Je n'y prends, ni n'y mets," La chose dont il s'agit m'est indifférente; ou bien, Je ne retranche ni n'ajoute rien à l'histoire que je raconte, mais je n'en garantis pas la vérité.
23ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie dans plusieurs phrases affectées à la marine. "Mettre un vaisseau en mer, à la mer, à flot, à la cape, en panne. Mettre tout au vent. Mettre vent en poupe. Mettre les voiles dedans. Mettre les voiles dehors, toutes voiles dehors. Mettre le cap en route. Etc." Voir, pour l'explication, les mots MER, FLOT, CAPE, PANNE, ETC.
Absol.: "Mettre en mer, à la mer. Mettre à la voile."
24ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans la plupart des acceptions où il a pour sujet un nom de personne. "Se
"Se
"Se
"Se
"Se
25ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
employé avec le pronom personnel et absolument, signifie, S'habiller. "Cet homme se met singulièrement. Il ne sait pas se
Emplacement dans le dictionnaire :
| metropole métropole metropolitain métropolitain mets mettable mettage | metteur metteur en oeuvre mettre en oeuvre meublant meuble meublé | meubler meuf meugler meuille meule meulier meulière |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)...ils couvrent ce rivage ; ils brûlent de venger notre commun outrage. Je les commande tous, et c'est pour mon malheur, Vieillard, que j'ai reçu cet éclatant honneur. Eh quoi ! Nous nous flattons de mettre Troie en cendre déjà de ses débris nous comblons le Scamandre, lorsque toujours les vents, suspendus sur les eaux, dans le calme du port retiennent nos vaisseaux ! Pourquoi cette disgrâce et quel...
Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...car de pareils excès mon coeur est combattu : j'adore ta pudeur autant que ta vertu. Une âme, je le sais, hautement vertueuse, ne souffre qu'à regret la langue trop flatteuse. Je me verrai pourtant mettre au rang des ingrats, si pour un tel bienfait je ne t'exalte pas ! Je me lamente, hélas ! J'étale des misères, Achille, et j'en rougis, qui te sont étrangères ; mais le don généreux a toujours...
Citation n°3 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)
...et faites de façon que l'on vous oublie. PÈL. PAS., AUTANT..., PARODIE Ha, que l'on lève incontinent les caducées sur mon coeur. Et c'est assez de ces familiers crève-coeur ; et je m'en vais mettre des colliers et des rubans aux boucs qui hantent mes pensées. Et c'est assez, ô mon coeur, de ces traversées risibles. Et soyons les dévots cavaliers ; et soyons le palais aux joyeux escaliers ;...
Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)
...yeux fixés sur ces feux de la plage ; ces bruits qui venaient de terre me serraient le coeur. L'une après l'autre, toutes les heures de la nuit sonnèrent à bord du Rendeer, sans que le sommeil vînt mettre fin à mon étrange rêverie. Je l'aimais bien, la pauvre petite ; les Tahitiens disaient d'elle : c'est la petite femme de Loti. C'était bien ma petite femme en effet ; par le coeur, par les sens,...
Citation n°5 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)
...pluie froide d'hiver et cette tombée sinistre de la nuit, -pour ceux qui ont un logis, un foyer, tout cela ajoute à la joie qu'on a de rentrer. à eux, cela leur faisait bien sentir le besoin de se mettre à l'abri, d'aller se réchauffer quelque part ; mais ils étaient sans gîte, ces pauvres exilés qui revenaient... d'abord ils errèrent, se tenant les uns les autres par le bras, riant à propos de...
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